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Blog Flânerie

Les humeurs vagabondes de Cabotte d’Aureilhan

Posted by on 14 h 20 min in Blog Flânerie | 0 comments

Je suis séparé d’elle de corps mais pas d’esprit.

De pissenlit en pissenlit je m’éloigne loin de mon maître.

Posted by on 13 h 04 min in Blog Flânerie | 0 comments

Le 14 avril 2019  les Monts d’Orb.

Magnifique balade et grimpette très physique. Cabotte est exceptionnelle d’adresse et de puissance. Je me laisse aller à divaguer sans souci. L’étape est courte et nous nous installons juste en dessous du col du Layrac. Les montagnes sont belles et le coucher de soleil est, malgré le froid et le vent, plein de promesses pour le lendemain. Enfin c’est ce que j’espère et crois. Croire devient ici une forme de certitude envisageable. Même s’il fait presque beau c’est déjà ça de gagner.

Cabotte a peu à manger. Elle n’est guère exigeante, elle broute ce qu’elle trouve. Elle a envie d’être seule et me le fait comprendre. Elle me fuit et tente de se faire la belle. Je l’avais laissée libre pour plus d’espace à brouter. Elle a tendance à se laisser porter par les plantes qu’elle trouve et ainsi s’éloigne irrésistiblement de là où je suis. Pas folle la guêpe. Dans ces cas elle ne se retourne jamais. Dès qu’elle sent que je suis derrière elle se met à courir comme si elle avait envie de jouer. Juste pour me montrer sa désapprobation et me narguer.
– Fous-moi la paix de temps en temps, tu es trop sur mon dos, me lança-t-elle.
– Si je te laisse faire je te retrouve en bas en train de manger dans un pré. Je n’ai pas envie de te courir après. Tu m’as déjà fait le coup dans les Pyrénées. Une demi-journée pour te retrouver et beaucoup de dénivelé dans les jambes. Merci.
Je l’attrape enfin et la ramène près de la tente. Elle ne s’y oppose pas. Elle semble heureuse de notre retour au camp.
– C’était juste pour rigoler, me confia-t-elle.
– Ce sera pour une autre fois, lui dis-je en lui massant le dos. Elle sait ce qu’elle veut. Son caractère est entier. Elle est capable de retourner une situation en un tournemain dont elle a la malice et le secret.

Les humeurs vagabondes de Cabotte d’Aureilhan

Posted by on 13 h 03 min in Blog Flânerie | 0 comments

Se noyer dans un passé trouble n’a jamais ressuscité personne.

aux petits soins

Posted by on 10 h 15 min in Blog Flânerie | 0 comments

13.04.2019 après Castanet le haut

 

Ce soir là nous ne trouvons pas de lieu pour la nuit. Personne pour nous renseigner. Je repère une maison avec du linge qui séchait devant. C’est un signe que quelqu’un est là. Je frappe à la porte… personne.
Je me renseigne à côté, une jeune fille apparait mais ses parents ne sont pas là. Je décide de m’avancer dans un chemin et m’enfonce le plus possible loin de la première maison. Je m’installe dans un champ près du torrent sans permission. Je laisse un mot à la maison au linge qui sèche. Il y a toujours un risque de se faire jeter.
Trois heures après arrivent deux femmes souriantes et pleines de tendresse pour Cabotte. Elles s’occupent d’elle et de ses bobos. Argile, huile essentielle de lavande pour éloigner les tiques.
Le lieu est magnifique. Cabotte mange à volonté. Nous sommes loin de tout.
Merci les filles du bout du champ du trou du monde.

Une reprise laborieuse.

Posted by on 9 h 56 min in Blog Flânerie | 0 comments

Le 13 avril Castanet-le-haut.

Nous repartons comme en l’an quarante. Bien décidés à rattraper le temps perdu.

Nous sommes obligés très rapidement de faire demi-tour et de trouver un autre itinéraire. Le pont était infranchissable pour Cabotte. Première déconvenue. Le sentier était étroit à certains endroits. Ça passait juste et les sacoches frottaient dangereusement. Je redouble de précaution. Ce n’est pas le moment de les déchirer.


Deux heures de tranquillité relative. Arrive le gros souci pour Cabotte et moi. En bas d’une bonne descente un autre pont métallique ridicule et sans protection sur les côtés. Le ruisseau que l’on doit franchir me semble impossible à traverser pour Cabotte. Je la regarde, elle est déjà paniquée rien qu’à l’idée de devoir s’engager dans cette eau tourbillonnante et sauvage. Je décide de prendre mon temps et de réfléchir. Je vais certainement trouver une solution.


Je vais explorer le ruisseau en amont à la recherche d’un endroit plus sécurisé. Rien ! Une muraille de l’autre côté de la rive. En aval, je trouve une espèce de gué beaucoup trop large, profond et plein de cailloux instables. Je suis dépité. Faire demi-tour c’est au moins trois heures de marche à prévoir en espérant rejoindre un autre chemin viable pour rallier le village où je devais aller.
Nos regards se croisent. Cabotte me dit la tête basse et les oreilles flapies à l’excès pour plus de crédibilité. Elle ne fait ni la rebelle, ni l’entêtée. Elle évolue et met en place sa stratégie pour que je renonce à traverser. Elle est maligne et je ne tomberai dans le panneau.
– Je veux que l’on fasse demi-tour. J’ai trop peur.
– Impossible. Je dois trouver une solution.
– Je ne sais ni voler ni nager. Je préfère rester sur place et mourir. Mes sabots s’enfoncent trop et j’ai peur de l’eau ! Tu le sais et tu insistes. C’est de la maltraitance asine.
– Ne cherche pas à me culpabiliser. Ça ne marche pas avec moi. Je vais trouver une solution.
– Laquelle ?
– J’ai toujours trouvé une solution.
– Laquelle ?
– Tais-toi. Je t’en supplie, tais-toi. Laisse-moi réfléchir.
– Réfléchir ! En voilà une solution. Réfléchir. Et bien réfléchis dans ton coin. Moi je fais demi-tour. J’en ai marre de tout ce bordel, de ce voyage qui n’en finit pas de continuer. Des solutions ! Moi j’en ai une. Je fais demi-tour.
Et la voilà qui se retourne et s’échappe en courant, en remontant allègrement et sûrement le sentier. Je la course (en montée je m’explose les poumons) et réussis à lui saisir la longe qui traînait par terre. Je garde mon calme et la ramène. Moi aussi je vais changer de stratégie. Je l’accroche court à un arbre. Je ne discute plus. Je suis trop préoccupé par le problème du jour.
Je m’assoie pour plus de sérénité et regarde le ruisseau se moquer de moi. Je le hais ce pu… de ruisseau de mer… Il n’aurait pas pu couler ailleurs ! Enfin une idée. Je me lève et exécute mon plan. Je ne sais pas si ça va marcher, mais je vais essayer. Si je ne réussis pas je vais passer pour un charlot aux yeux de Cabotte ? Et effectivement on fera demi-tour. Je perdrais ainsi toute autorité sur elle. Ce qui n’est pas souhaitable pour le reste de notre aventure. C’est qui le patron ? C’est elle ou moi ?
Sur la berge je prends un tronc de bois mort que je mets à l’eau en le faisant rouler. Je le cale en travers du ruisseau à l’aide de deux gros cailloux naturellement fixés pour former ainsi un petit barrage qui servira de repère pour Cabotte. Un peu comme une rampe mais au ras de l’eau. L’eau à ce niveau se calme enfin. Ensuite je déplace de grosses pierres pour former un dallage presque uniforme. Les pierres sont très glissantes. J’espère ainsi mettre en confiance Cabotte. Il y a deux fois moins de remous qu’avant. C’était le but recherché.
Cabotte regardait très intriguée ce brassage de pierres. Certaines étaient très lourdes et difficiles à déplacer. Plus d’une heure de travail. J’avais les pieds trempés, j’étais fatigué et le moral à zéro.
Content de mon travail et confiant pour la suite je me dirige vers Cabotte et dépose tout le chargement pour le transporter de l’autre côté du ruisseau. Je laisse le bât sur son dos. Je titille la longe et emmène Cabotte au ras du ruisseau. Elle ne regimbe pas. Je suis surpris. Elle regarde mon ouvrage un long moment. Je reste silencieux. J’attends un moment d’inattention de Cabotte pour agir sur la longe et la déséquilibrer dans l’eau. Je tire de toute mes forces et la voilà les antérieurs dans le ruisseau. Une première étape réussie. Ensuite elle traverse comme si elle avait fait ça toute sa vie. Tant de peine pour un résultat si aisé. C’est de la provocation. J’en suis sidéré et satisfait en même temps. Elle commence à comprendre.
Et elle de me dire en ricanant de toutes ses lèvres retroussées jusqu’aux naseaux voire plus haut.
– Tu vois qu’avec un peu de pédagogie et de patience un âne peut franchir n’importe quel obstacle !
Que répondre à un tel affront : rien. Mais je m’en souviendrai. Crois-moi Cabotte. Si ta mémoire n’a pas de faille la mienne est excellente en pareil cas. Je lui donne des gourmandises pour la gratifier de son courage.

Les humeurs vagabondes de Cabotte d’Aureilhan

Posted by on 8 h 46 min in Blog Flânerie | 0 comments

Pourquoi et comment se prendre la tête alors que rien en apparence ne vous y oblige.

pêle-mêle des rencontres

Posted by on 19 h 49 min in Blog Flânerie | 0 comments

Les soirées au gite furent très particulières suivant les personnes présentes et les groupes constitués.
J’ai rencontré des personnages épiques. Pêle-mêle il y avait : L’énamouré passant son temps au téléphone portable à nous faire partager sans une once de pudeur les nouvelles liaisons avec sa nouvelle compagne ; le ronfleur invétéré rythmant nos insomnies forcées et entretenues au fil de la nuit ; l’homme heureux adorant faire la vaisselle et faisant celle des autres ; le divorcé aigri par tant d’années perdues, maltraité et harcelé des années après par son ex ; le néo philosophe en rupture de vie prônant de nouveaux modèles de société ; le scientifique étayant des théories fondées sur des rumeurs glanées dans le fourre-tout d’internet ; le taiseux enregistrant tout en attendant d’y voir plus clair, etc. J’en oublie des vertes et des pas mûres. C’était parfois sans limites. Quant à moi j’entretenais les diverses polémiques en me marrant des conneries que l’on pouvait déblatérer à la volée. Rien de sérieux en réalité. Mais beaucoup de bonne humeur.
Ce n’était pas tous les jours comme cela heureusement. Les personnes fatiguées voulaient dormir. Un grand respect en général et de la convivialité au moment des repas parfois partagés avec ce que chacun avait à proposer.
J’ai rencontré un drôle de personnage. Un type grand, puissant, d’un certain âge, la barbe fournie et rousse de plusieurs mois, il ne cessait depuis 2007 de parcourir le chemin de Saint Jacques de Compostelle du nord, au sud, d’est en ouest, des allers et retours incessants. Une personne l’avait aperçu près de Conques. J’avais l’impression qu’il ne s’arrêtait jamais. C’est ce qu’il essayait de me dire. Il parlait un mélange d’Allemand, de Français et d’Espagnol. Moi qui suis très limité en langues je ne comprenais pas grand-chose. En revanche ses pieds étaient en très mauvais états. Il avait une cheville très enflée à la limite d’une infection grave. Cela ne semblait pas l’inquiéter pour autant. J’ai recouvert avec précaution et à son insu ses chaussures d’un sac plastic tant elles fleuraient bon les odeurs macérées des sentiers printaniers. Il ne se rendait compte de rien. C’était un errant sans destinations précises. Où est-il parti ? Telle est sa destinée.

Un repos forcé.

Posted by on 19 h 44 min in Blog Flânerie | 0 comments

Murat-sur-Vèbre. Les 08, 09, 10, 11 et 12 Avril 2019

Nous nous dirigeons vers Murat-sur-Vèbre
Je suis hébergé dans le gite communal. J’installe Cabotte dans un coin de verdure. Je croise une habitante du village et lui explique mon souci. En suivant elle appelle une vétérinaire habitant dans le village qui contacte aussitôt le cabinet de Lacaune : C’est entendu, un vétérinaire viendra en fin d’après-midi. J’étais soulagé. J’allais enfin savoir.
La vétérinaire est une jeune femme très sympa, Charlotte je crois. Elle essaye de tondre la partie touchée. Impossible. J’attache Cabotte au plus court à une rambarde. Elle se rebiffe et rue comme jamais je ne l’ai vue faire. Certes elle avait peur mais surtout mal. La vétérinaire lui administre un sédatif bien carabiné. Aucun effet. Elle décide de la laisser tranquille. Mais elle a pu diagnostiquer une dermite estivale récidivante équine (DERE) très fréquente en cette période. Elle lui injecte un antalgique et un antibiotique spécifique. Elle me prête des ciseaux pour que je puisse le lendemain dégager les poils et mettre à nu la partie atteinte.
Je dois rester sur place pendant au moins cinq jours. Le temps de laisser agir efficacement les produits.

Le lendemain, Cabotte se laissera faire. Je constate alors les dégâts. Ils sont importants mais ne se trouvent pas complètement sous le bât. Une chance.
Elle réagit vite et déjà les résultats ne se sont pas fait attendre. Je nettoie la surface dénudée et désinfecte trois fois par jour. Elle est de mieux en mieux. Le mauvais temps persistant, le propriétaire du terrain me propose de mettre Cabotte à l’abri dans un de ses bâtiments.

Une autre visite est réalisée deux jours après par un autre véto : elle est en bonne voie de guérison. Je repartirai samedi matin.

Durant toute cette semaine, j’ai pu rester au gite communal. Merci à la mairie de Murat. Je n’ai eu qu’une journée de beau temps. Le dernier jour. Dommage, c’est un beau petit village.
Je dois partir et rattraper les jours perdus. J’ai le temps Cabotte a repris du poil de la bête. Je la retrouve enfin telle qu’elle était avant. Enjouée et prête à repartir.


Je remercie, ici, Isabelle la véto du village. Je ne l’ai pas vue une seule fois. Le champ était en face de chez elle. Je sais qu’elle a veillé sur Cabotte…
Vive les vétos de Lacaune. Une bonne équipe soucieuse du bien être des animaux. Un braiement de Cabotte vous est adressé en signe de reconnaissance.

 

Les humeurs vagabondes de Cabotte d’Aureilhan

Posted by on 16 h 45 min in Blog Flânerie | 0 comments

Mes oniriques espoirs claquent au vent telles des ombres sans attaches ni formes définitives.

La poisse.

Posted by on 16 h 30 min in Blog Flânerie | 0 comments

Le 7 avril 2019 Lac du Laouzas.

Il nous faut partir. Le temps est mitigé. Nous nous remettons en route. Le début de la balade est très agréable dans la forêt. Tout va pour le mieux.

Après deux heures de marche un vieux tronc pas très imposant est couché en travers du sentier. Cabotte ne peut pas passer par dessus. Je réussis à le faire pivoter en le tirant vers moi et après avoir coupé un bouquet de houx qui me gênait. Nous nous remettons en route. Le tronc était assez lourd mais j’ai réussi à le déplacer. J’étais très motivé. Une demi-heure après, toujours sur le même sentier, trois gros hêtres couchés en travers du sentier. Rebelote. Là rien à faire. Impossible de passer à droite trop encombré de végétation ; à gauche un raidillon impossible à gravir. La poisse. Demi-tour et je m’engage sur un chemin forestier en espérant retrouver la route départementale pour arriver au lac du Laouzas. Nous atteignons enfin le lac. Arrivé au bout du lac un frêle petit pont en bois juste construit pour piétons s’offrait à nous. Cabotte ne peut pas passer. Je ne prends pas le risque. Certaines lattes sont pourries. Il me faut trouver une autre solution de contournement. Impossible de trouver un gué. Le sol est trop mouvant et je ne voudrais pas bloquer Cabotte encore une fois.


La seule solution : contourner entièrement le lac. Au moins 8 kms en plus ! J’étais furieux mais nous sommes repartis en acceptant une nouvelle fois cette déconvenue. Le temps commence à m’inquiéter ; de gros nuages bien compacts et lourds se présentent à nous. La pluie va tomber sous peu. Sur les berges pas d’espace pour planter la tente et pas d’herbe suffisante pour Cabotte.
Je trouve un endroit acceptable. Déjà quelques gouttes d’eau tombent. Je monte la tente juste à temps mais de l’eau a mouillé le tapis de sol. Je l’éponge avec ma serviette et m’installe pour la nuit. La nuit est froide. Malgré ma couverture de survie je constate que le bas du duvet est couvert de glace. Je ne m’en suis pas rendu compte.

 

 

Autre constat. Ce matin Cabotte ne semble pas en forme. Je la brosse et la sens crispée au niveau du dos, le long de la colonne vertébrale. Je la palpe et là, je constate une importante inflammation de la peau. J’étais inquiet. Cabotte souffrait vraiment. Elle devenait rétive aux moindres palpations. Ce qui est rare. En général c’est le premier contact que nous avons le matin. Je commence à me dire qu’il y a un vrai problème. La nuit froide et pluvieuse avait favorisé le développement de cette infection. Je ne savais pas ce qu’elle avait. Elle est dure au mal et jusqu’à ce jour ne s’était jamais plainte. Certes j’avais constaté quelques blessures succinctes que j’attribuais à d’éventuelles tiques ou insectes. Je traitais ces insignifiantes plaies avec un désinfectant et une pommade cicatrisante. Maintenant je peux dire que c’était les prémisses d’une pathologie plus grave. Je l’ignorais alors.
Je cherche un cabinet vétérinaire le plus proche de là où nous sommes. Il se trouve à Lacaune. Je téléphone, ils ont des urgences à régler auprès des éleveurs avant de venir à l’endroit où nous nous trouvons. C’est l’époque de mises bas des bovins et ovins.
Je ne peux pas rester sur place. Il fait froid. Cabotte semble prise de lassitude et de tristesse. Je la bâte malgré la douleur qu’elle subissait. Je m’en voulais d’avoir été aussi négligent envers elle. Elle ne disait rien. Je lui parlais constamment pour me rassurer avant tout. Elle avançait sans rechigner. La tête basse. Quel courage d’abnégation face à la douleur. Je culpabilisais. On m’avait prévenu : les ânes sont très résistants et ne se plaignent jamais. J’ai manqué de vigilance et surtout de connaissances.