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Une rencontre insolite mais prévisible.

Le 19 Mars 2019 Baziège.

Encore une fois nous sommes hébergés dans un centre équestre. Les écuries du Tissié à Montlaur.

(https://ecuriesdutissie.ffe.com/)

Un complexe immense avec plusieurs manèges. Des cours de haut niveau pour des cavaliers confirmés de saut d’obstacles. Un régal à regarder même si on n’y connait rien. Le haut niveau, quel que soit le sport et la discipline, est toujours un spectacle. Surtout lorsque cela paraît facile. La facilité apparente masque des années de pratique.
Bravo à tous ces cavaliers émérites.

Le lendemain lorsque nous quittons le centre équestre, une voiture de gendarmerie nous dépasse en ralentissant à notre niveau. Elle ne s’arrête pas. Je n’ai rien à me reprocher mais bizarrement je me sens coupable de quelque chose. De quoi ? Je n’en sais rien. Je vais certainement le savoir. Après une bonne dizaine de minutes je devine une voiture de gendarmerie arrêtée à un rond-point. Vu le peu de voitures qui circulaient sur cette départementale…
– C’est pour nous Cabotte. Tiens-toi tranquille. Reste à ta place et laisse-moi faire.
– Pas de souci. C’est ton histoire, ton problème, je ne fais que te suivre, me répondit-elle avec détachement et un brin de malice dans ses yeux noirs.
Nous approchons du rond-point comme si nous ne les avions pas repérés ; insensibles en apparence à leur présence.
– Gendarmerie nationale.
– Bonjour.
– Vous allez loin comme ça ?
Je leur explique en quelques mots mon périple. Ils semblaient être très intéressés par mon histoire.
– Il est beau votre âne.
– C’est une ânesse des Pyrénées, etc.
Les préliminaires furent longs avant d’aborder l’objet même de notre interpellation anodine. Je pensais leur avoir tout dit.
– D’où venez-vous ? Où allez-vous ? Que comptez-vous faire ce soir ?
Vient alors la question cruciale objet de tant de détours d’approche.
– Montrez-moi votre carte d’identité.
Nous y sommes enfin. Je cherche avec anxiété ma carte dans mon sac à dos. Je ne savais plus où elle se trouvait. Enfin la voilà ! bien rangé dans un endroit oublié. Je la lui montre. Il la donne à sa collègue qui interroge le central par le biais de son boitier électronique. Visiblement j’étais en règle. Je n’étais ni un vagabond, ni un SDF, ni un clandestin, ni que sais-je encore. Eux subissent leurs errances, moi je les ai choisies ce qui n’est pas la même chose.
J’ose alors lui poser la question de savoir si avec un animal il fallait marcher à droite ou à gauche de la route. Il n’en savait rien. Il hésitait beaucoup à me donner une réponse claire et définitive. Je l’aidais alors.
– Pour moi c’est à droite. Un animal, même accompagné, a une zone d’incertitude très importante, un peu comme les vélos, il est donc préférable de rester à droite. Les voitures peuvent ainsi nous voir de loin et adapter leur allure pour nous dépasser en toute sécurité. Je lui avouais que jamais nous n’avions eu de problèmes avec les automobilistes. Ce qui était vrai. En plus les sacoches étaient équipées d’une signalisation réfléchissante.
– Vous avez raison. Les piétons c’est l’inverse. Bonne continuation.
Et nous sommes repartis, soulagés de pouvoir continuer notre chemin en toute tranquillité et sans reproches. Ah ! Cette peur du gendarme !
Les gendarmes ne laissent jamais indifférent le meilleur des honnêtes gens.

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