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Une belle frayeur!

Le 02 Juin 2019 Saint-Béron.

Après la journée d’hier il me semble bon de reprendre le GR 9 pour nous changer les idées. Marcher sur du bitume est usant dans nos têtes. Trop de monotonie. Sur la carte je ne vois rien de flagrant qui pourrait nous arrêter. Le chemin est praticable pour Cabotte. Il fait chaud, marcher dans la forêt est agréable. Le sentier est bon et pierreux. Nous avançons gentiment mais sûrement. Au bout d’une heure trente de marche, la poisse. Une immense dalle et deux marches barraient notre chemin. Cabotte essaya de franchir les marches. Elles sont trop hautes et Cabotte dérape. Elle glisse et se couche sur le côté. Je la retiens par le licol pour ne pas qu’elle dégringole un peu plus bas du sentier. Le mousqueton du licol cède et ma pauvre Cabotte se renverse et roule sur le côté. Elle ne peut plus bouger. Je cours la délivrer de son fardeau. Elle se laisse faire. Une fois débâtée elle se remet debout sans difficulté. Je l’ausculte méticuleusement de la tête aux pieds. Rien de cassé. Pas une plaie. Rien. Une sacoche légèrement endommagée. Rien de dramatique. En revanche, je perds dans cette histoire ; deux gourdes et les courses du jour. Tout a dégringolé cent mètres plus bas. Seules, une boîte de sardines déformée, deux pommes mâchées et des gâteaux secs écrabouillés ont été sauvés. Nous repartons en sens inverse. Cabotte n’a rien. Je suis soulagé. Notre aventure aurait pu se terminer à ce moment là.
– Alors Cabotte, as-tu eu peur ?
– J’ai perdu l’équilibre. J’aurais pu passer. Mais rien à faire j’ai glissé. Je savais que ce serait dur mais c’était possible. J’en ai vu d’autres. Sur le coup je n’ai pas eu trop peur. Tu as su me rassurer en me parlant lorsque j’étais par terre. Je suis heureuse que l’on fasse demi-tour.
– Moi aussi Cabotte. Je suis désolé. C’est de ma faute. Je n’aurais pas dû prendre ce sentier.
– C’n’est pas grave ô mon Maître. L’aventure, c’est l’aventure. Je commence à m’habituer maintenant.
– Ce n’est pas une raison. Tu me fais confiance maintenant. A moi de rester vigilant.
– À nous deux on devrait y arriver. T’inquiète pas, je sais encore m’arrêter quand je ne sens pas les choses.
– Merci ma Cabotte. Nous devons rentrer entier à notre beau village de Banos. Il y a encore pas mal de route.
– Assez parlé maintenant on y va. On a du chemin à rattraper.

 

Lorsque nous arrivons à Saint-Béron il est tard. Trois heures de marche supplémentaire sur ce que j’avais prévu et une belle frayeur en prime. Nous tournons dans le village lorsqu’une dame nous aperçoit. Elle doit ressentir que je suis fatigué. Elle veut m’aider.
– Je veux bien vous aider mais je n’ai pas d’endroit pour l’ânesse.
– À qui appartient le champ en face de chez-vous ?
– À un agriculteur. Je le connais. Peut-être qu’il voudra. Je vais lui demander.
Elle le contacte ; il ne répond pas.
– Il y a de nouveaux voisins au fond de ce chemin. Il y a de l’herbe. Je ne les connais pas.
Qu’à cela ne tienne, je vais les voir. Ils acceptent pour une nuit. Je ne compte pas rester plus longtemps. Ça tombe bien.


Je retourne auprès de la dame et mange avec elle. Elle cuisine du confit de canard d’un village tout près de Saint-Sever. Je ne me souviens plus du nom. Peut-être Bancons. Je me régale. Elle connait les Landes. Son neveu y séjourne. Elle est responsable à L’A.R S des budgets généraux alloués aux divers partenaires sociaux. Elle confirme les restrictions de budgets. Un vrai casse-tête. Les caisses sont vides. Finies les belles années où tout était possible. Le social est en pleine crise. Les travailleurs sociaux ne s’y retrouvent plus lui dis-je. Elle en est consciente et ne peut pas faire de miracles. Elle distribue ce que l’Etat lui donne.

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