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Un séjour bienvenu.

Les 09, 10 et 11 Juillet 2019 Chatenois-les-Forges.

Une voiture s’arrête à notre niveau. C’est Jean-Pierre. Il me propose de m’accueillir chez lui sur sa pelouse. Cabotte ira dans un vaste champ appartenant à un agriculteur du village. J’informe Jean-Pierre que je risque de rester plus longtemps qu’une nuit car je dois récupérer un colis dans un pressing « le vent de couture » contenant ma nouvelle carte bleue. J’ai un jour d’avance sur mon rendez-vous.
– Tu t’installes le temps qu’il faudra. Rien ne presse.

Le midi je suis invité à manger avec des copains à lui chez Jacqueline. Il y a du monde pour le repas. Ceux qui sont là travaillent à la réfection du nouvel appartement de Jacqueline. Il y a beaucoup de boulot de fait mais il en reste encore à faire. Les finitions semblent interminables. Tout le monde met la main à la pâte. Même le propriétaire. Les travaux avancent, chacun apportant ses compétences (électricité, peinture, enduit, etc.). De la famille de Jacqueline est là aussi. L’ambiance est bon enfant.
J’y ai mangé midi et soir. J’étais leur invité. Ils étaient très heureux de me recevoir. Nous avons beaucoup discuté et aussi bien mangé et bien bu. Le premier jour me fut fatal. J’ai un peu trop bu et le soir j’étais légèrement ensuqué. Ce n’était pas la fatigue. Je sais faire la différence. Personne ne m’a obligé. Je me suis piégé tout seul comme un grand. Thierry était le grand spécialiste du barbecue. Il y en avait pour tous les goûts. Il se débrouillait comme un chef.
Mon colis n’arrivant pas j’ai prolongé mon séjour de deux jours. Cela m’a permis de mieux les connaître et les apprécier.
Jean-Pierre était un homme assez discret. Il avait bourlingué un peu partout pour son travail. Il avait entre autres été un soudeur expérimenté. Il connaissait la mécanique et les engins en tous genres. Un homme comme lui polyvalent avait su s’adapter sur le marché du travail.
Il avait une ferme. Il l’a revendue. Une séparation avec sa femme et une grave maladie ont eu raison de sa débauche d’énergie. La ferme pour lui tout seul était impossible à gérer. Il ne pouvait plus tout mener de front. Il était dépassé. Il avait été aussi un fantastique expert en attelage de chevaux. Il pouvait en mener plusieurs à la fois jusqu’à quatre sans problème voire plus. C’était sa passion. Une passion dévorante. Il s’était fait un nom au niveau national. Il était incontournable.
Aujourd’hui diminué et fragilisé par sa maladie (s’il ne me l’avait pas dit je ne l’aurais jamais deviné) il a réduit ses activités. Il se consacre entre autres au jardin collectif. Et bien sûr est très impliqué dans l’aménagement du logement de Jacqueline. Celle-ci leur rend à tous des services et leur prépare de bons et solides plats. À la bonne franquette dit-elle. Peut-être mais on y mange bien. Très bien. Les meilleurs produits locaux. Quant aux vins ils ont de bons plans pour des résultats gustatifs très affinés. Ce sont malgré leur rusticité apparente de fines gueules. J’avais presque oublié la convivialité autour d’une table. Ils ont su me le rappeler.
Je me suis bien requinqué, assez brutalement parfois ; mais j’avoue que cette bande de copains m’a impressionné par sa générosité. J’étais là parmi eux. Avec eux. Comme si je les connaissais depuis longtemps. Je trouvais cette situation parfois embarrassante et déstabilisante. Je ne savais quoi faire en retour. Ils ne voulaient rien. Un jour je leur ai offert des éclairs au chocolat et au café. Ils n’étaient pas terribles. Eux je suis sûr savait où en trouver des bons. Je suis allé d’après eux à la plus mauvaise boulangerie du village !
J’essayais de comprendre leurs diverses conversations. Elles pouvaient être sérieuses comme complètement délirantes. Enfin c’est la vie. Leur vie choisie avec un brin de philosophie adaptée. La leur.
J’ai aussi été invité chez un voisin de Jean-Pierre à manger un couscous. Djamil est venu très souvent voir Cabotte. Il trouvait le projet extraordinaire et intéressant. Lui et sa femme sont des êtres adorables sachant recevoir un extraterrestre providentiel. Le couscous était excellent. J’en rêvais d’un couscous. Je l’ai eu. Il tombait à point. Un bon moment là aussi autour d’une table.
Les deux jours et demi furent intenses. Le « demi » prend ici son importance. C’était le jour de mon arrivée. L’intégration fut fulgurante.
Je récupère mon colis et sa précieuse carte bleue. Je suis reparti le lendemain la tête un peu lourde et les idées en cavale. J’avais perdu l’habitude. Jean-Pierre m’a donné un pâté de sa confection. Il y tenait vraiment.
Jacqueline, Jean-Pierre, Thierry (l’indien loyal et concret à la queue de cheval), Patrick et les autres de passage, sans oublier Djamil et sa femme restez comme vous êtes. La Franche-Comté est fière de vous… Le Franc-Comtois sait recevoir m’avez-vous certifié. Surtout les irréductibles et indestructibles de Chatenois-les-Forges.

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