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Un feu d’artifice au final.

Le 13 Juillet 2019 Lachapelle-Sous-Chaux.

Nous entrions tranquillement dans Lachapelle-Sous-Chaux lorsqu’une voiture s’arrêta à notre niveau. C’était Michel. Il nous demanda où nous allions ainsi. Je lui ai expliqué en quelques mots. – Attendez-moi, je dois faire quelques courses, j’habite un peu plus loin, je reviens. Vous n’avez qu’à vous avancer. Je n’en ai pas pour longtemps.
Nous n’étions pas encore arrivés chez lui qu’il était déjà de retour. Il nous attendait. Lorsqu’il nous vit, il vint à notre rencontre. C’était un homme bien charpenté. J’étais persuadé que c’était un ancien sportif malgré un embonpoint encombrant mais relativement bien géré. Je ne sais comment je fais mais je me trompe rarement. C’était un ancien judoka d’un très bon niveau. Il en avait encore l’allure. Quand on sait observer, une personne a des gestes et des attitudes corporelles qui ne trompent pas. Même lorsque la pratique abusive du sport leur a meurtri durablement le corps. C’est instinctif chez moi.
Cabotte avait un champ pour elle seule, un abri pour la nuit et du foin si nécessaire. Le grand luxe étoilé. Il y avait déjà une tente de prête dans le jardin. Elle avait déjà servi pour sa nièce je crois. Peu importe. Une belle surprise. Un boulot en moins à exécuter. Monter une tente c’est comme bâter. Je peux être extrêmement rapide et performant un jour et complètement empoter le lendemain tel un novice. C’est comme cela avec moi. Aucune régularité. C’est toujours très contraignant. Surtout quand je suis fatigué ou peu concentré car la tête est partie ailleurs sans but précis.
Je ne m’étais pas trompé. Le sport, c’est toute sa vie. Il est professeur de sport au niveau du ministère des sports. En réalité son titre exact est conseiller technique et pédagogique. Une définition pompeuse mais très réaliste. L’acte pédagogique est l’art de transmettre un savoir pour des résultats recherchés. La technique n’est qu’un moyen, certes indispensable, mais insuffisant si on ne sait la prendre à son compte et l’optimiser. D’où la nécessité d’un bon pédagogue.
Cet homme aime son boulot parce que varié et très valorisant. Il a su évoluer dans le sport comme savent parfois le faire certains sportifs de haut niveau.
Les grands sportifs qu’il a côtoyés (toutes disciplines confondues) sont tous des êtres exceptionnels. Ils ont des points communs. Ils ont des prédispositions morphologiques hors normes, une morphologie et une physiologie adaptée à leur sport, ils sont constants et assidus aux entraînements, connaissent l’anatomie et les enchaînements biodynamiques de leur segments corporels, ils sont très perfectionnistes et peuvent répéter à l’infini des gestes millimétrés, ils savent rectifier leurs erreurs en se remettant en cause, ils ont un mental à toute épreuve, ce dernier point étant, pour deux athlètes physiquement identiques, celui qui fera la différence. La force mentale est la cerise sur le gâteau. Ce sont des compétiteurs nés. Sans le mental jamais tu ne feras du sport de haut niveau. Le doute doit être réduit à sa portion congrue, c’est-à-dire proche de zéro.
J’aime parler avec des sportifs. J’ai pratiqué le sport à un niveau moyen plus mais je n’ai jamais eu l’esprit de compétition. Cette étincelle d’excellence qui te fait gagner ou perdre honorablement une compétition. Surtout dans les sports individuels. Ça me gavait comme on dit. J’ai toujours eu une forme royale et une bonne santé. Pourvu que cela dure encore.
Outre les qualités individuelles dans les sports collectifs il est nécessaire d’avoir l’esprit de groupe, d’utiliser les qualités de chacun à bon escient, d’enchaîner des phases de jeu, d’élaborer des stratégies adaptées à l’adversaire, de faire preuve de créativité (indispensable pour surprendre l’adversaire, le déstabiliser, etc.), de prendre plaisir, etc. Nous pourrions en remplir des pages et des pages.
L’éducation sportive n’est pas un vain mot. Surtout pour certains jeunes. Le sport est aussi pour la majeure partie des gens une activité physique indispensable pour se maintenir en bonne santé.
Ne dites pas à Michel que les sportifs de haut niveau sont des écervelés chroniques ou vulgairement des ânes bâtés (pauvre Cabotte !). Il vous rétorquera que pour atteindre un niveau olympique il faut avoir une tête bien construite et une sacrée connaissance de soi et de ses possibilités physiques et mentales. On ne nait pas sportif de haut niveau ; on le devient en travaillant comme un forcené. Ce n’est pas la même chose. Il y a beaucoup de casse pour sortir un athlète de haut niveau. Un long apprentissage. Il était intarissable. Je me suis régalé.
Le soir j’ai mangé avec lui et ses deux filles Laurène et Fanny. Un bon barbecue avec beaucoup de choix de viande et de légumes. Chacun faisait sa commande. À la carte. Un moment convivial et plein d’humour. Michel n’était pas en reste. De plus Laurène devait se marier dans peu de temps… Elle paraissait très préoccupée et décrochée de nos histoires. Il y avait de belles connivences entre elle et sa sœur. Elles sont très proches et ça se voit.
Ensuite nous sommes partis au feu d’artifice à Belfort. Nous étions la veille du 14 juillet. Spectacle pyrotechnique très réussi. Michel en a profité pour me montrer le Lion de Bartholdi une sculpture en haut-relief, au pied de la falaise de la citadelle, magnifiquement mise en valeur par un éclairage bien pensé.

Le cœur de Belfort est superbe la nuit. Mais il y avait beaucoup trop de monde. Nous avions du mal à nous déplacer. Une soirée inattendue. Je me suis retrouvé dans une tourmente citadine. Je n’ai plus l’habitude. Je commençais à fatiguer.

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