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Un bon repos salvateur.

Les 04 Avril 2019 La Salvetat sur Agout.

La journée fut surprenante et difficile.
La neige tombée la veille avait raidie les branches des arbres. Le décor était sauvage et d’un blanc- gris délayé. Le froid piquait mais nous allions heureux d’être là parmi la forêt d’épicéa, de douglas, de chênes et de hêtres. La solitude prenait ici toute sa dimension solennelle.
Tout allait bien lorsque nous rencontrâmes quelques soucis. Surtout Cabotte. Après une descente très raide bien négociée par Cabotte, nous nous retrouvâmes devant un gué très encombré de branchage et de cailloux. Cabotte se raidit et renonça à avancer plus loin. Impossible d’avancer. Comment faire ? J’avais beau chercher un endroit plus adapté, mais rien de possible sans être trop dangereux pour Cabotte. Elle ne voulait plus bougée. J’ai essayé tous les subterfuges : de la gentillesse contrôlée à la fermeté. Rien à faire. La connaissant ça allait être du sport, le passage de ce gué inopportun et peu engageant. Revenir en arrière nous aurait épuisés et découragés. Il fallait donc passer à tout prix. Je pris mon courage à deux mains.

Version de Cabotte.
J’abordais un sentier vertigineux. Je descendais avec précaution et adresse. En plus ça glissait par endroit. De la haute voltige. Mais arrivée en bas, la stupeur ! Un gué avec de l’eau bouillonnante et moqueuse. Elle m’agressait. Je me verrouille. J’ai peur. Je déteste poser un sabot dans des endroits hostiles pour moi. Il me faut sentir le sol. Mon maître me montra par où passer en sautant dans l’eau. Il enleva les branches et les quelques cailloux pouvant me gêner. Mair rien à faire. Cette fois je ne craquerai pas. Il peut tirer la longe à m’arracher la tête. Je ne bougerai pas. Il peut faire ce qu’il veut. Je m’enracinerai pour tenir bon. Ses incitations à vouloir passer seront vaines.
L’affaire devenait de plus en plus tendue. Mon maître s’impatientait de plus en plus. Il gesticulait comme un fou. Je fis juste un pas, un petit pas, et le voilà qui enroule sa longe autour d’un arbre. Il me tenait ferme. Je pressentais que ce pas, ce pas de trop, me couterait cher. Il passe derrière moi. Le voilà qui me frappe le postérieur sans ménagement. C’était la première fois que je le voyais ainsi. Il était remonté et motivé. C’en était effrayant. Je fis plusieurs bons et restais plantée au milieu du gué. Il détacha la corde passa devant moi, tira légèrement la longe. Je le suivais honteuse d’avoir eu si peur. Il n’a jamais peur lui. Il faut qu’il comprenne. On m’éduque moi. Je ne suis pas uniquement son porteur. Je suis une ânesse des Pyrénées. J’ai un caractère bien trempé.
Il ne me donna pas de gourmandises. Ce n’est pas bien d’avoir oublié. Parole d’ânesse ; je m’en souviendrai…

Enfin de l’autre côté. Soulagés, nous reprenons les sentiers. Nous avions hâte d’arrivée. La pluie était toujours menaçante. La météo prévoyait de la pluie sur plusieurs jours.
J’ai trouvé un gite. Cabotte avait de la bonne pâture. Je me suis installé. Le grand luxe. Les propriétaires n’étant pas là, des amis à eux m’ont indiqué où se trouvait les clés. C’est une grande preuve de confiance. Les gens dans bien des cas font confiance. Depuis le départ.

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