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Restons prudents

Le 28 Mai 2019 Corenc.

Le lendemain, la véto vient voir Cabotte. Rien de grave. J’avais besoin de me rassurer. Elle avait encore des infections cutanées persistantes. Je voulais savoir.
Lors des soins elle me demande de l’eau pour lui laver une partie du dos avec un produit antiseptique afin d’assouplir les croûtes et les enlever pour voir l’état des infections. Lorsque je reviens je trouve la véto dernière sa voiture. Elle tenait sur sa pommette gauche un pack de glace. Cabotte avait botté. Et pas qu’un peu !
– Elle m’a prise en traite. Elle est fourbe cette ânesse.
Je ne réponds pas. J’estime qu’elle n’a pas pris suffisamment de précaution. De plus, j’ai oublié de l’avertir. Cabotte a horreur qu’on lui touche le dos. Même avec moi. Elle se crispe. Il faut lui parler et négocier avec elle. Je la connais par cœur. Tu peux tout faire sauf la surprendre en lui touchant le dos. La bousculer ainsi, c’est prendre le risque de s’en prendre une. Quand elle sort la tondeuse Cabotte s’énerve encore plus. Elle renonce et explore son dos point par point. Je suis présent Cabotte se contient. Rien de grave, me dit-elle. Elle me prescrit un traitement.
Version de Cabotte.
– Elle est arrivée comme une dingue. J’ai été surprise. Alors j’ai envoyé un sabot. Manque de bol, elle était derrière moi. Je regrette.
– Ce n’est pas une raison. Tu aurais dû te contrôler. Tu le fais avec moi.
– Toi, ce n’est pas pareil. Tu t’y prends avec douceur. Tu me parles. Tu me rassures. Je me détends puis me laisse faire. Elle m’a foncée dessus et tripotée sans précautions. J’avais peur qu’elle me fasse mal.
– T’a-t-elle fait mal ?
– Non. Mais elle aurait pu.
– Elle aurait pu ! On va en rester là. Tu me promets de ne plus botter quand ce n’est pas nécessaire.
– Oui mon bon Maître. Mais les vétos je ne les aime pas. Il faut les prévenir. J’ai des réactions très épidermiques au sens propre et figuré du terme.
– Tu veux guérir ou pas ?
– Oui mon bon Maître. Pardonne-moi.
Je ne réponds pas. Je la laisse à sa culpabilité. Elle sait faire la part des choses ma Cabotte. Elle le regrette ce malheureux coup de pied.
J’avais promis à la directrice de l’école d’intervenir dans chacune de ses classes pour parler des ânes et de Cabotte en particulier. Nous sommes restés sous le préau avec Cabotte en face de nous les élèves assis. Ils étaient particulièrement excités. C’est bien normal à leur âge. C’était un évènement pour eux.
Echanges intensifs, surprenants et enrichissants. Les questions fusaient, les réponses un peu moins. J’ai essayé de donner la parole à tout le monde et d’être le plus clair possible. Il fallait me mettre à leur niveau. Un bon exercice pour moi. Tous les enfants connaissaient Cabotte. Elle a eu du succès dans le village.

Dans l’après midi le temps devenait menaçant. Je voulais quitter le lieu où nous étions. Le vent devenait de plus en plus violent. La directrice téléphone au véto, celui qui m’avait conseillé pour Cabotte. Il est d’accord pour m’accueillir et vient me chercher.
Nous avons passé une soirée dense à discuter.
J’ai eu avec lui une expérience relative de physique quantique. Je ne saurais vous l’expliquer mais j’en ai retenu l’essentiel. L’homme ne peut pas tout expliquer par la physique classique. C’est là ses limites. Et elles sont grandes. Il constate les effets d’une expérience mais n’en explique pas le phénomène de façon objective. Objective pour l’homme. Objective dans sa logique. Objective dans ses résultats. L’homme se dit objectif pour se rassurer. Il suppose beaucoup. Il découvre encore. Que sait-il passé ? Il a encore de grosses lacunes à combler ! C’est un génial bricoleur qui a des progrès à faire avant d’atteindre : connaissance et sagesse. Cette dernière n’étant pas au programme de la recherche quantique. C’est bien dommage. Il avance pas à pas, mais qu’en fera-t-il de ces nouvelles connaissances ?
Le véto quantique (c’est le nom que je lui donne) m’a donné envie d’en savoir plus.
Un bon et enrichissant moment.

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