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Qui a osé dire que je perds tout ?

Le 29 Juin 2019 Les Alliés.

Journée de marche monotone et sans difficultés se terminant par un gros stress. Vent de panique. Je ne trouve plus la sacoche que je porte toujours sur moi. Dedans se trouve mon portable. Sans portable plus rien pour m’orienter et communiquer. Je suis hors de moi. Après la carte bleue, la sacoche et le portable. Je suis abonné à ce genre de situation. Une mauvaise série.
Que faire ? Je retourne voir la personne qui m’a dit de me poser dans l’aire de repos près de la fontaine. Il prend sur son temps et nous retournons en voiture au lieu où je m’étais arrêté pour téléphoner. Rien. Je regarde partout. Rien. Pas l’ombre d’une sacoche. Je frappe à la porte de la maison d’en face. Personne. Je n’insiste pas. Nous rentrons lentement en balayant du regard les accotements de la route. On ne sait jamais. Rien. Je suis persuadé que je l’ai perdue. Aucun doute : je l’ai perdue et mon portable avec. Ce qui est plus embêtant.
Je rentre à l’aire de repos complètement largué et dépité. Je me hais intérieurement. J’en ai marre de ma tronche. J’en peux plus d’être dans cette situation. Comment faire pour continuer le périple ? Sans portable je suis foutu. Une chose est sûre je n’arrêterai pas. J’y ai laissé trop d’énergie. Je n’en reviens pas de cette mésaventure. Qu’ai-je fait au bon Dieu pour qu’il me laisse tomber comme une vieille paire de chaussettes ? Pas assez certainement à ses yeux. Je hais le bon Dieu. Oui je le hais. Avec force. Qu’il reste dans son royaume des cieux avec ses ouailles disciplinées. Il ne sert à rien quand on est dans la mouise jusqu’au cou.
Je croise le regard de Cabotte.
– Ô mon bon Maître que vous arrive-t-il ? Je vous sens bizarre. Quelque chose ne tourne pas rond ?
– Cabotte s’il te plait, laisse-moi tranquille. Reste en dehors de cette histoire. Tu peux comprendre non ? Alors fous-moi la paix.
– Excusez-moi ô mon bon Maître c’était juste pour vous aider.


Elle se retourne contrariée et me laisse seul dans mes cogitations. J’ai le moral au plus bas. Aucune solution en vue. Que vais-je faire ? Si je pouvais disparaître dans les abysses je le ferai. Ne plus exister pour personne.
Je pose mon regard désespéré sur la table en béton qui jouxtait l’endroit où j’avais déposé tout le barda de Cabotte. Et que vois-je sur la table, bien en évidence, telle une illusion, un miracle, la sacoche tant espérée. Je n’en reviens pas. Je la saisis et la palpe. Mon portable est là. Je suis subitement soulagé. Je hurle de joie. Je vais annoncer la bonne nouvelle à Cabotte. Elle s’en fout et fait la gueule. Elle m’ignore et continue de brouter. Me tourne le dos pour ne plus me voir. Elle ne souhaite pas me parler. Elle me fuit. Elle n’a pas apprécié que je l’envoie paître aux quatre coins du pré. C’est bien le bon verbe. Paître.
Je me sens seul sans la présence de Cabotte. Mais j’ai retrouvé la sacoche et son précieux contenu.
Je voudrais une fois pour toute vous dire, vous qui doutez de ma bonne foi ; je ne perds rien j’égare tout. Voilà la triste réalité. Mais je retrouve tout ! Sauf ma carte bleue…

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