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Quand une passion vous tient en éveil.

Le 15 Septembre 2019 Apinac.

Après avoir subi une nuit nerveusement éprouvante, nous quittons les lieux. Ce fut pour moi un soulagement de me remettre en route.

Très rapidement nous apercevons une jeune femme qui promenait ou entrainait quatre magnifiques huskies et un lévrier Podenco. De magnifiques bêtes en excellente santé débordant d’énergie. Magali les contrôlait avec un évident savoir-faire. À la vue de Cabotte elle les a arrêtés. Nous n’avons pu échanger que quelques mots de courtoisie. Les chiens semblaient très impatients de repartir. Nous étions en train d’amorcer un demi-tour car nous n’avions pas pu emprunter une passerelle. Magali nous a facilité la manœuvre. Ce fut une rencontre surréaliste et flash. Une belle surprise.

Nous sommes repartis puis avons traversé un gué pour reprendre un peu plus loin notre sentier. Nous n’étions pas très loin d’Apinac lorsque nous nous sommes arrêtés dans une sorte de hameau de quelques maisons. Une personne me proposa un champ pour la nuit. Elle m’invita à prendre un café et me donna de l’eau pour Cabotte. Il faisait chaud. Je laissais Cabotte libre dans le champ.

Alors que je dressais ma tente, j’ai eu la bonne idée de contrôler où elle se trouvait. Point de Cabotte dans le champ. J’avais beau chercher et l’appeler, pas de Cabotte ! Je commence à paniquer. Dans le champ elle n’y est pas. C’est une certitude. Je vais sur la route et explore aux alentours. Rien. Pas l’ombre de Cabotte. Je croise un cycliste, lui demande s’il a vu une ânesse. Rien. Ça devient préoccupant. Après une heure de recherche vaine je reviens dans le champ. J’étais désespéré car sans solution. Où était-elle ? C’est un mystère ! Me l’avait-on volée ? J’en étais arrivé à me le demander. Je me décide à la chercher de nouveau dans un bosquet situé au dessus de l’endroit où nous étions. C’était sans espoir. J’y étais déjà allé. Un coup d’œil rapide et circulaire. On ne sait jamais. Rien. Je m’en allais lorsque j’entends des craquements de branches sèches. Je tends l’oreille et m’approche discrètement : un animal certainement. À travers des arbustes au feuillage épais je devine une tache sombre. C’était ma Cabotte. Elle broutait quelques feuilles d’un petit chêne chétif et égaré. J’ai eu vraiment peur. Je ne l’ai pas engueulé trop content de la retrouver.

Je finissais de m’installer lorsque j’ai vu arriver Magali. Cette fois-ci elle était sans ses chiens. J’étais loin de penser la revoir. En général quand tu croises quelqu’un sur un sentier tu as une forte chance de ne jamais le revoir. C’est une constance dans le voyage. Je discute un bon moment avec elle. J’apprends, je ne l’aurais jamais deviné, qu’elle avait été pilote de moto professionnelle de haut niveau. Elle concourait en équipe avec les hommes, elle avait participé aux 24 heures du Mans. Elle a ainsi connu les plus grands circuits d’endurance du monde. J’étais admiratif. Il faut oser le faire. Etre acceptée et respectée dans un milieu exclusivement masculin relève d’un excellent niveau de pilotage. Il est à noter qu’elles sont deux ou trois femmes dans le monde à avoir atteint cette performance. Elle me dit aussi qu’elle a pratiquée quinze ans d’équitation. J’avais devant moi une sportive exceptionnelle et confirmée. Elle en gardait le dynamisme, la souplesse et le charme d’une femme épanouie. Maintenant elle s’intéressait au milieu si particulier et passionnant de l’élevage des chiens de traîneaux. C’était son nouveau hobby, elle y consacrait beaucoup de temps et d’énergie. Je n’en doutais pas ; là aussi elle atteindra un très bon niveau de dressage et de pilotage. Il est des personnes qui réussissent tout ce qu’ils entreprennent. Ils n’ont guère de limites et cherchent la perfection. Elle en faisait certainement partie. Avant de s’en aller elle me demanda.

– Tu as besoin de quelque chose ?

– Non, j’ai tout ce qu’il me faut. Je ne vois pas.

– J’ai des œufs. Je peux te les faire cuire.

Elle revint en fin de journée avec des pommes pour Cabotte et des œufs durs. Une personne est aussi venue m’apporter une belle portion de tarte aux myrtilles. Je suis touché par ces gestes d’attention et de générosité. Je suis né sous une bonne étoile.

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