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Un rustre se dévoile

Le 04 Mars 2019 Courties
Nous nous arrêtons près d’un ancien presbytère habité par un couple de retraités. Monsieur était près de sa voiture. Je l’interpelle pour lui demander de l’eau. Il me demande ce que je fais et où je vais, s’intéresse à mon histoire.
Assez rapidement il me propose le parc pour planter la tente. Quant à Cabotte, il me montre un champ où elle pourrait paître en toute tranquillité. Selon lui.
Notre installation se passe très bien. Cabotte comme à son habitude se met à brouter un herbage très copieux.
Alors que je me battais pour poser la toile de tente j’entends un tracteur entrer dans le champ où se trouvait Cabotte. Quelle ne fut pas ma surprise de voir l’agriculteur balancer à la volée son engrais! De l’azote, de la potasse où que sais-je encore ! Voilà ma Cabotte interloquée couverte de granulés. Une véritable surprise pour moi. Certes j’étais dans un champ qui ne m’appartenait pas, mais de là à faire comme si Cabotte n’existait pas… Un manque de savoir vivre pour le moins. Elle n’y était pour rien.
Lorsque le tracteur revint vers nous je décide d’aller à la rencontre de l’agriculteur, Juste pour lui
donner la version de pourquoi elle était là et s’il y avait eu erreur ou méprise je m’en excuserai
platement.
Je vis descendre le chauffeur et son fils (deux sosies décalés par la descendance) prêts à en découdre
de façon expéditive.
– C’est mon champ. Je travaille. Vous n’avez rien à faire là.
Il y allait franco. Son rejeton observait la scène, prêt à soutenir son père au cas où… il se passerait quelque chose.
Je le salue dans un premier temps (lui avait oublié) juste pour le désamorcer. C’est radical comme tactique. Un type vient pour t’engueuler, tu lui dis « bonjour monsieur » et même dans certain cas tu peux pousser l’affront en lui tendant la main. Il s’aperçoit de son erreur et se trouve légèrement déstabilisé. Tu en profites pour placer tes premiers mots d’explications…
La version de Cabotte.
Ils lui fonçaient dessus d’un pas décidé. J’avais peur pour mon maître. J’ai découvert que j’avais un minimum d’affection pour lui. Je devais le défendre. Je restais près d’eux.
Mes antérieurs étaient tendus comme des arcs prêts à décocher un coup de pied bien placé et radical pour envoyer ces deux malotrus en orbite autour de la terre.
Mon maître bien malin dégonfla toute cette haine contenue et leur demanda conseil pour trouver un autre endroit pour moi. Quelle maîtrise ! Je me suis retrouvé derrière l’église désaffectée où l’herbe sauvage abondait.

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