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Du pain et des pêches.

Le 12 Septembre 2019 Saint-Anthème.

Les décors de la veille se continuent sur quelques kilomètres.

J’en profite encore. Ce lieu appelé aussi la petite Mongolie des hautes chaumes par certains autochtones m’a séduit par son espace, sa végétation spécifique, ses couleurs, ses troupeaux de vaches essaimés, sa solitude habitée générant de belles et apaisantes pensées. Une brise chaude de liberté souffle en moi comme une libération. Ces instants sont rares par leur intensité, leurs richesses émotionnelles et leur durée.

Ensuite nous amorçons une descente tranquille vers Saint-Anthème.

Arrivés au village, une jeune fille de la mairie nous dirigea vers les bords de l’Ance. Un endroit humide, mais idéal pour Cabotte. Alors que je montais ma tente une voiture de la gendarmerie s’arrêta dans le parking qui jouxtait mon emplacement. Deux gendarmes (une femme et un homme) descendirent de leur véhicule et vinrent me voir. Ils s’informèrent de mon histoire. Ils me parurent très surpris, et comprirent rapidement que je n’étais pas un S D F, un type dangereux ou je ne sais quoi encore, mais un voyageur au long cours en escale à Saint-Anthème. Avant de partir le gendarme me demanda.

– Vous n’avez besoin de rien ?

– Non, j’ai tout ce qu’il me faut. Peut-être du pain. Mais si je n’en ai pas ce n’est pas un drame. Je peux m’en passer. J’ai l’habitude.

– Si vous n’êtes pas pressé, nous vous en ramenons. Nous allons au village.

– Merci. Vous savez il n’y a pas d’urgence.

Ils sont revenus une heure après. Je les avais presque oubliés. Le gendarme m’a tendu la baguette par la portière.

– Je vous dois combien ?

– Nous vous l’offrons. Ça nous fait plaisir. Il rajouta. Ce soir je reviens dans le coin promener mon chien. Je serai en civil. Vous aimez les pêches ?

– Oui, si elles sont bien mûres. Sinon je…

– J’en ai un cageot. Je vais vous en apporter quelques-unes.

Ils sont partis rapidement, je ne me rappelle pas si je les ai remerciés.

Juste avant la nuit, je vois arriver un couple avec un chien en laisse. C’était mon gendarme. Sans son uniforme celui-ci redevient une personne lambda. Je ne l’ai pas tout de suite reconnu. Il avait avec lui un sac avec des pêches.

– C’est pour vous.

– Dix fois trop pour moi. Je ne peux pas les emmener sans les écraser dans mon sac ou dans les sacoches de Cabotte.

– Vous les mangerez, j’en suis sûr. Et ils sont partis en me laissant une dizaine de pêches bien mûres, trop mûres.

Je décide alors de toutes les manger. Je n’aime pas jeter la nourriture. Ce fut un travail méticuleux et long d’enlever cette peau duveteuse. Je ne supporte pas cette sensation astringente et étrange au niveau de la bouche à m’en faire crisper les poils de mes avant-bras. Mais là, rien de cela. Elles étaient excellentes et bien juteuses. Un régal. J’en ai gardé deux pour le lendemain matin. J’espère passer une bonne nuit sans gargouillis incommodants dans l’estomac et les intestins …

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