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De l’espace: en veux-tu? En voilà!

Le 13 Mai 2019 Aleyrac.


Le début de la journée a été paisible. Nous souhaitons aller jusqu’en Aleyrac pour passer la nuit. Mais Aleyrac n’est qu’une bourgade de quelques habitations et pas une âme en vue. Nous nous présentons à la mairie. Personne, elle n’ouvre qu’une fois par semaine.
Je décide d’aller plus loin et de camper dans un endroit à l’abri du vent. Je reprends donc le GR. Le mistral souffle de plus en plus fort. Nous traversons un parc d’éoliennes situé sur un immense plateau. Le vent est si puissant qu’une seule éolienne tourne. Les autres sont à l’arrêt par sécurité m’a-t-on dit. La rage et l’insistance du mistral, plus le brassage de l’air dans les ailes de l’éolienne ; égale un infernal bruit comparable à un moteur d’avion de ligne au décollage. C’est incroyable. Je n’exagère pas.
Cabotte, vent de travers, glissait sur les côtés, tandis que moi je cherchais à aller droit en marchant de travers. À chacun ses travers ; sa façon d’aborder le problème. Ce devait être très comique à voir. Pour nous c’était énervant et éreintant à tenter de trouver notre équilibre. Nous avions hâte de quitter ce plateau hyper venteux.

Nous étions sur une route entourée de champs, de forêts et de bétail. Je demande toujours la permission pour nous installer. Je n’avais pas envie de me faire jeter comme un intrus ou un mal éduqué. Je ne trouvais plus aucune habitation.
Au loin j’aperçois un petit hameau et une ferme. Je demande à une dame où je pourrais planter la tente à l’abri de vent. Elle me répond qu’elle est locataire. Elle me montre une maison du doigt.
– Allez voir là-bas. Ce sont les propriétaires. Ils pourront peut-être vous aider. Je voudrais bien mais je ne peux pas.
Je me dirige vers l’endroit indiqué. Une voiture arrive. Je reprends espoir. Deux femmes en descendent. Je leur explique mon histoire. Une d’elle me répond qu’il faut demander à son mari. Et voilà qu’elle me dirige vers un bâtiment de la ferme.
Ça devient très compliqué cet après-midi pour se poser. J’aperçois un homme très affairé à s’occuper de ses chèvres. Je l’appelle. Il cesse son activité et vient vers moi d’un pas décidé. Ce type n’a visiblement pas beaucoup de temps à m’accorder. Je crains le refus. Cabotte s’impatiente. Elle en a marre d’aller d’un endroit à l’autre. Et ce vent qui n’en finit pas de souffler.
J’expose mon cas en quelques mots. Il a l’air si pressé. Je vais donc à l’essentiel.
-Vous voulez vous arrêter ici. Pas de problème. Tout ce que vous voyez m’appartient. Il y a de la place. Vous pouvez vous mettre où vous voulez.
J’ose lui demander un endroit abrité du vent. Il m’en indique un dans un champ assez éloigné de la ferme. Et il s’en retourne à son bâtiment terminer son travail. Affaire expédiée et menée de main de maître en quelques minutes. Il a dû me prendre pour un dingue. Les dingues ne sont pas en voie de disparition.
Nous voilà donc partis en procession vers un champ en contre bas d’un sentier. Je suis en tête, suivi de ma fidèle Cabotte, d’une centaine de chèvres ébouriffées et de deux chiens hargneux mais protecteurs de race indéfinie. Une belle entrée en fanfare pour une nuit agitée. Il y avait du monde sur le terrain.
Le mistral faiblit à cet endroit mais la tente encaisse douloureusement certaines rafales. Elle résiste avec beaucoup de flexibilité. Le lendemain il faisait beau. J’avais hâte de quitter ce champ. Cabotte aussi.
Il est des endroits où il ne faudrait jamais aller. Celui-ci en est un.

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