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Qui a dit que la pluie ne mouille pas ?

Le 14 Juin 2019 Chézery-Forens.

Une journée maussade comme je les déteste. Peu de visibilité et une fin de journée s’annonçant mauvaise. J’hume le mauvais temps comme Cabotte lorsqu’elle sent l’eau avant de la boire. C’est un réflexe. Je flaire instinctivement les nuages. Je sens venir la pluie. Il y a urgence.
Une personne m’avait dit que je trouverais un centre équestre tenu par une dame. Il n’y aurait aucun problème.
-C’est simple. C’est juste après la gendarmerie dans une voie sans issue.
Je m’y rends confiant. Certes il y a des chevaux mais pas de centre équestre. Des chevaux devant appartenir à une personne lambda. De beaux et racés chevaux.
Je m’informe auprès du voisinage. Un homme vient me voir.
– Il y a effectivement une pension pour chevaux. La propriétaire n’habite pas là.
– Vous la connaissez ? Il a peut-être une possibilité. Je ne suis pas exigeant vous savez.
Il me dit connaître un gendarme qui pourrait nous renseigner. Nous nous dirigeons vers la gendarmerie. Le gendarme en question n’est pas de service. Nous l’apercevons sur son balcon en train de fumer une cigarette. Il ne nous donne pas l’information. Peut-être n’a-t-il pas le droit en tant que professionnel de divulguer des renseignements. Surtout un numéro de téléphone. Nous retournons sur nos pas bredouilles.
– Vous avez mangé ?
– Non.
– Nous vous invitons.
Je suis bien reçu. Le repas était bon et simple. Nous apprenons à nous connaître. Et de fil en aiguille il me dit.
– Ecoutez, j’ai un champ derrière la maison pour votre Cabotte. Quant à vous, je vous propose une pièce en chantier ou encore mieux la caravane. Je vais voir si elle est présentable. Normalement oui.
Il regarde. Me met l’électricité. Le maximum de confort pour moi.
– C’est bon pour moi. Merci.
Il était temps, la pluie devenait de plus en plus expressive et nerveuse. Nous avons juste le temps de nous installer que déjà de grosses gouttes d’eau dégringolaient du ciel.
Pauvre Cabotte. Encore sous la pluie. Je vais être obligé de lui acheter un parapluie spécial si ça continue. Mais au marché des parapluies point de parapluie pour âne bâté.
Je me suis installé dans la caravane et me suis endormi au bruit des gouttes d’eau sautillant sur le toit de la caravane.
Je suis dépité. La pluie me dérange de plus en plus. Elle qui est la maîtresse du jardinier… est devenu pour moi une enquiquineuse bien trop présente. Pourtant la pluie est nécessaire. Les nappes phréatiques sont dans certains endroits au plus bas. L’eau hélas court en surface mais ne pénètre pas assez dans les sols.
L’humanité a soif. Alors de quoi je me plains ? Jamais content, toujours à espérer autre chose. Je vais me taire et attendre la fin de cette période.

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