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Minuscules mais envahissantes.

Le 24 Juillet 2019 Martigny-les-bains.


Il faisait très chaud et très lourd et pas un brin d’ombre. Nous suivions la voie romaine. Toujours tout droit dans des champs de blé récolté. Un début de sécheresse inquiétant et pas d’eau pour Cabotte.

Heureusement une sensation de brise légère nous enveloppait nous apportant un semblant de fraîcheur ou plutôt de tiédeur. C’était insuffisant mais plus viable tout de même. C’était mieux que rien.
Une journée sans grand intérêt.

Nous arrivons à Martigny-les-bains exténués. Un habitant nous dit que l’on peut s’arrêter près de l’église. Il y a un vaste terrain communal avec une misérable herbe brûlée. Rien d’autre. J’installe Cabotte, lui trouve de l’eau et lui donne des granulés. C’était la première fois que je la nourrissais ainsi en journée.
Il n’y avait rien d’autre à faire qu’à attendre la nuit. L’après midi me paraissait interminable. Je n’avais de goût à rien. Envie de rien. J’ai peiné pour monter ma tente. Je n’étais pas en phase avec ce que je faisais. Cabotte se taisait en me regardant. Elle aussi avait du mal à se situer dans ce terrain semi-désertique.
Vers minuit je me couche. L’air était enfin plus respirable. Je m’endors. Brusquement je me réveille. Je sens de drôles de picotements courir sur tout le corps. C’était très désagréable. J’allume la lampe frontale. Et là surprise. Je suis envahi par des fourmis. Des centaines dans et sur mon duvet. Maintenant je les vois, elles courent comme des malades dans tous les sens. Que font-elles là ? Je ne panique pas. Je cherche un moyen de m’en débarrasser. Impossible de les chasser de mon corps surtout dans le dos. Il y en avait beaucoup trop. J’en écartais une dizaine, une vingtaine revenait à l’assaut. Que faire ?
Je sors de la tente. Je prends mon duvet et le tapis de sol. Après un long et méticuleux époussetage j’évince les fourmis. Travail laborieux. J’en avais encore un bon paquet sur moi. Comment faire ?
Il était environ quatre heures de la nuit. Une nuit claire ou seul un lampadaire troublait, par sa lueur orangé et vacillante, l’ordre immuable du village. Je décide de me laver au robinet d’eau se trouvant derrière un bâtiment. Un endroit partiellement protégé des regards. Je ne voudrais pas que l’on croit à un quelconque exhibitionnisme. Je reste en slibard puis m’asperge d’eau de la tête aux pieds. Je renouvelle plusieurs fois l’opération. Bien mouillé j’en profite pour me savonner. Je me lave énergiquement. L’eau était très fraîche. Je me rince abondamment de plusieurs seaux d’eau. En fin de compte c’était très agréable. Je me sèche puis retourne chercher mon duvet et mon tapis de sol. Je m’installe loin de la tente près de Cabotte. Il faisait encore chaud. Signe que nous étions entrés dans une canicule durable. J’attends ainsi le lever du jour. Il n’allait pas tarder.
Aux premières lueurs je retourne à la tente. Elles étaient encore là toujours en activité frénétique. Je comprends très rapidement pourquoi. Mon pot de miel était ouvert et coulait sur le tapis de sol de la tente. Un désastre. Je prends le pot et l’enferme dans un sac plastic puis l’emmène loin de la tente. Ensuite je sors tout de la tente, vide mes divers sacs et commence une longue et fastidieuse chasse aux fourmis en secouant toutes mes affaires une à une. J’évite de m’en faire tomber dessus. Deux heures de boulot intense.
Deux points positifs dans cette histoire. J’ai retrouvé une boîte de sardine qui traînait tout au fond d’une sacoche. J’ai remis de l’ordre dans tous mes rangements ce qui n’était pas un luxe… C’était devenu une nécessité. Je m’en serais passé en ce jour. Je me demande encore pourquoi elles étaient aussi entrées dans mes sacoches. Que croyaient-elles y trouver ? Elles auraient pu se contenter du miel répandu sur le tapis de sol. Un mystère de plus.

 

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